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Immeuble de rapport ou de rendement, LMNP et autofinancement

Comment trouver un immeuble de rendement, comment l'auto-financer et pourquoi le mettre en LMNP ?

 

Résumé analytique : Une approche stratégique de l'investissement immobilier

 

Investir dans un immeuble de rapport représente une stratégie patrimoniale puissante, offrant des économies d'échelle et une résilience notable, même en période de crise économique.

Cependant, le marché de ce type de biens est un "marché de professionnels" , exigeant une approche méthodique, au-delà des indicateurs superficiels. Le succès d'une telle entreprise repose sur trois piliers fondamentaux : la capacité à dénicher un actif de qualité, l'atteinte de l'autofinancement par une gestion financière rigoureuse, et l'optimisation fiscale via le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP).

L'analyse de ce marché démontre que les opportunités les plus rentables sont rarement accessibles via les portails grand public. La véritable valeur est souvent découverte par des investisseurs aguerris ou des professionnels spécialisés ayant accès à des transactions hors marché. La notion d'autofinancement, au cœur de cette stratégie, ne peut se résumer à un rendement brut élevé. Elle est une fonction directe d'un flux de trésorerie (cash flow) positif, qui n'est possible qu'en considérant l'ensemble des charges, y compris les impôts.5

Enfin, le statut LMNP, en particulier sous le régime du réel, est un outil fiscal d'une efficacité remarquable pour générer ce flux de trésorerie positif. Loin d'être une simple exonération fiscale, l'amortissement comptable agit comme un puissant mécanisme de report d'impôt. Les récentes évolutions législatives, notamment celles prévues par la Loi de Finances pour 2025, renforcent cette dynamique en transformant l'amortissement en un levier stratégique de report d'imposition sur la plus-value de revente. Cela positionne clairement le LMNP comme un dispositif optimal pour les investisseurs orientés vers la constitution de patrimoine sur le long terme.

 

Partie 1 : La stratégie fondamentale : Identifier et acquérir un immeuble à fort rendement

 

 

1.1. Dynamique du marché et stratégies de recherche : Naviguer dans un marché de professionnels

 

Le marché des immeubles de rapport est une niche caractérisée par une concurrence moins nombreuse, mais plus qualifiée. Les investisseurs particuliers se retrouvent souvent en concurrence directe avec des professionnels qui ont des processus d'analyse plus sophistiqués et un accès privilégié aux transactions.

Par conséquent, la simple consultation de portails immobiliers classiques comme SeLoger est souvent insuffisante pour dénicher les "pépites" les plus rentables. Les meilleures affaires ne sont même pas publiées et sont directement proposées à la clientèle de chasseurs immobiliers.

Pour réussir dans cet environnement, une approche stratégique de la recherche est indispensable. Travailler avec des chasseurs immobiliers spécialisés ou des sociétés d'investissement clé en main, comme ImAvenir ou Lokey, qui possèdent un ancrage local fort et un accès à des biens sous-cotés, peut s'avérer déterminant.

Pour les investisseurs les plus avancés, les bases de données professionnelles et les API (interfaces de programmation d'applications) offrent un avantage compétitif significatif. Des outils comme Stream Estate, Melo ou Yanport permettent d'accéder à des annonces dédoublonnées en temps réel et d'analyser l'évolution des prix sur le marché.

De plus, la base de données officielle DVF (Demande de Valeurs Foncières), qui répertorie l'historique des transactions notariées, est une source d'informations cruciale pour une évaluation précise et objective de la valeur d'un bien.

Le succès d'un investissement repose sur une analyse rigoureuse de trois piliers interconnectés.

 

  • L'emplacement : C'est le critère le plus important pour la résilience de l'investissement. Il est conseillé de privilégier des zones géographiques avec une économie locale diversifiée, une forte demande locative et un tissu économique solide. Les villes avec des pôles d'emploi ou des universités sont des atouts majeurs, car elles garantissent une demande stable et réduisent le risque de vacance locative.
     

  • L'état du bâtiment : L'évaluation de l'état physique de l'immeuble est primordiale. Une inspection minutieuse doit être menée pour identifier les travaux lourds potentiels, comme la réfection de la toiture, la mise aux normes électriques ou les problèmes de fondations. Un bâtiment nécessitant d'importants travaux peut offrir une opportunité de négociation et de création de valeur.

  • La viabilité financière : Au-delà du prix affiché, l'investisseur doit évaluer le potentiel de rentabilité de l'immeuble. Cette analyse doit se baser sur le marché local et les revenus locatifs prévisionnels, en tenant compte des caractéristiques spécifiques du bien.

 

1.2. Avantages et inconvénients d'un immeuble de rapport

 

L'investissement dans un immeuble de rapport se distingue par ses avantages uniques et ses défis spécifiques.

 

1.2.1. Les avantages : Économies d'échelle et diversification des risques

 

Le principal attrait réside dans l'effet d'échelle. Acquérir un immeuble en bloc permet souvent de bénéficier d'un prix "de gros" au mètre carré, plus avantageux que l'achat de plusieurs lots séparés. Les frais d'acquisition sont mutualisés (une seule commission d'agence, une seule transaction notariale), et les coûts de fonctionnement sont réduits (un contrat d'assurance, un budget d'entretien centralisé).

Un avantage majeur est la diversification des revenus.

Avec plusieurs logements, le départ d'un locataire n'entraîne pas la perte totale des revenus, minimisant l'impact de la vacance locative. Cette répartition du risque rend l'investissement plus résilient en période de crise économique.

De plus, l'immeuble de rapport offre une flexibilité stratégique à long terme. La valeur peut être augmentée par des travaux de rénovation. À terme, la revente de l'immeuble lot par lot peut générer une plus-value plus importante que la vente en bloc.
 

1.2.2. Les inconvénients : Illiquidité et risque concentré

 

L'investissement initial requis est conséquent, exigeant des liquidités importantes et un financement substantiel. Le marché est de ce fait moins liquide que celui des appartements individuels, ce qui peut rendre la revente de l'immeuble entier plus difficile et plus longue.

Un autre risque majeur est la concentration de l'investissement sur un seul actif. Bien que le risque locatif soit réparti, le risque lié au bâti est concentré. Un problème structurel majeur (fondations, toiture) peut mettre l'ensemble de l'investissement en péril et engendrer des coûts imprévus élevés. La gestion d'un tel actif est également plus complexe, car l'unique propriétaire doit assumer la pleine responsabilité de la gestion et de l'entretien de l'ensemble de l'immeuble.
 


Partie 2 : Le chemin vers l'indépendance financière : Maîtriser l'autofinancement

 

 

2.1. Définition et atteinte de l'autofinancement

 

L'autofinancement d'un investissement locatif est atteint lorsque les revenus générés par les loyers couvrent intégralement l'ensemble des dépenses, y compris les mensualités du crédit, les charges et les impôts.

Cette stratégie a pour objectif de créer un flux de trésorerie (cash flow) neutre ou positif, éliminant ainsi le besoin d'un effort d'épargne personnel pour maintenir l'investissement.

Il est essentiel de ne pas confondre un rendement locatif brut élevé avec la capacité d'autofinancement. Le rendement brut, qui ne tient pas compte des charges et de la fiscalité, n'est qu'un premier indicateur, souvent très optimiste. Un investissement affichant un rendement brut attrayant peut rapidement devenir un poids financier si les charges (taxe foncière, assurances, frais d'entretien) ou les impôts sont sous-estimés.

Pour que l'autofinancement soit réaliste, les loyers doivent couvrir toutes les dépenses réelles. Une estimation courante suggère de viser un rendement brut d'au moins 7,5 % et un rendement net de 6 à 7 % pour espérer un autofinancement en 2024.

 

2.2. Indicateurs financiers clés et leur calcul

 

Pour évaluer la rentabilité d'un immeuble de rapport, il est impératif de calculer plusieurs indicateurs, du plus simple au plus précis.

  • La rentabilité brute : C'est le rapport entre les revenus locatifs annuels et le prix d'acquisition total. C'est un indicateur rapide et initial.

    Exemple : Un immeuble acheté 600 000 € génère 48 000 € de loyers par an.


     
  • La rentabilité nette de charges : Ce calcul plus précis intègre les charges annuelles supportées par le propriétaire, telles que les frais de gestion, la taxe foncière, les assurances et les frais d'entretien.

    Rentabilité nette = (Loyers annuels - Charges annuelles) / Prix d'achat total x100
     

  • La rentabilité nette-nette : Il s'agit de l'indicateur le plus réaliste, car il inclut la fiscalité, en déduisant les impôts et les prélèvements sociaux des revenus nets.

    Rentabilité nette-nette = (Loyers annuels - Charges) / Prix d'achat total x100
     

  • Le flux de trésorerie (cash flow) : C'est la mesure ultime de l'autofinancement. Il se calcule en soustrayant toutes les dépenses réelles, y compris les mensualités du prêt, des loyers perçus.

Le tableau suivant illustre la dégradation progressive du rendement à travers ces différents niveaux de calcul, soulignant l'importance de ne pas se fier uniquement au rendement brut.


Tableau 1 : De la rentabilité brute au flux de trésorerie net
 

Indicateur Base de calcul Exemple chiffré (immeuble à 600 000 €, loyers 48 000 €/an)
Rentabilité brute Loyers annuels / Prix d'achat total (48 000 € / 600 000 €) × 100 = 8,0 %
Rentabilité nette (Loyers - Charges*) / Prix d'achat total (48 000 € - 7 200 €) / 600 000 € × 100 = 6,8 %
Rentabilité nette-nette (Loyers - Charges* - Impôts) / Prix d'achat total (48 000 € - 7 200 € - 0 €**) / 600 000 € × 100 = 6,8 %
Flux de trésorerie Loyers - Charges* - Impôts - Mensualités de prêt (48 000 € - 7 200 € - 0 €** - 20 800 €***) = 20 000 € / an ou +1 667 € / mois
*Charges estimées à 15% des loyers.    
**Sous le régime LMNP réel, l'impôt est souvent nul.    
***Mensualité de prêt amortissable (taux 3,5%, 20 ans, hors assurance) pour 540 000 € (apport de 10%).    

 

2.3. Instruments de financement et effet de levier stratégique

 

Les banques considèrent favorablement l'investissement dans un immeuble de rapport en raison de la diversification des revenus qu'il offre. Cependant, elles intègrent une marge de sécurité en ne retenant qu'environ 70 % des loyers potentiels dans le calcul de la capacité d'emprunt, afin de se prémunir contre les risques de vacance ou d'impayés.

Pour convaincre une banque, un dossier solide est indispensable, incluant un plan d'affaires détaillé et la preuve d'un apport personnel d'au moins 10 % pour couvrir les frais de notaire.

Le choix du type de prêt est un levier majeur pour atteindre l'autofinancement.
 

  • Le prêt amortissable : C'est le crédit classique où le capital et les intérêts sont remboursés progressivement chaque mois. Bien que cette méthode réduise la dette au fil du temps, les mensualités sont plus élevées, ce qui peut rendre l'autofinancement plus difficile, surtout au début.

    Le prêt in fine : Avec ce type de prêt, l'emprunteur ne rembourse que les intérêts chaque mois, et le capital est remboursé en une seule fois à la fin de la période. Les mensualités étant plus faibles, ce prêt facilite grandement l'atteinte d'un flux de trésorerie positif. Il est particulièrement adapté aux investisseurs fortement imposés, car les intérêts sont entièrement déductibles des revenus fonciers sur toute la durée du prêt.



Tableau 2 : Comparaison des prêts amortissable et in fine
 

Caractéristique Prêt amortissable Prêt in fine
Remboursement du capital Progressif, inclus dans les mensualités Intégralement à la fin du prêt
Montant des mensualités Élevé Faible (uniquement les intérêts)
Flux de trésorerie (cash flow) Souvent neutre ou négatif au début Plus facilement positif
Avantage fiscal Intérêts déductibles en début de prêt Intérêts déductibles sur toute la durée du prêt
Risque Faible (dette diminue)

Risque de non-remboursement du capital final si le placement parallèle échoue 

Profil idéal Investisseur prudent, souhaitant réduire sa dette Investisseur fortement imposé, souhaitant optimiser la fiscalité et le flux de trésorerie

 

Partie 3 : Le régime fiscal LMNP : Une clé de l'optimisation

 

 

3.1. Qu'est-ce que le statut LMNP? Conditions et éligibilité

 

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est un régime fiscal applicable à la location de biens meublés. Contrairement à la location vide, qui relève des revenus fonciers, l'activité de LMNP est considérée comme une activité commerciale et est imposée dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

Pour bénéficier de ce statut, deux conditions cumulatives doivent être respectées par le foyer fiscal 
 

  1. Les recettes annuelles tirées de la location meublée ne doivent pas excéder 23 000 € TTC.
     

  2. Ces recettes doivent être inférieures aux autres revenus d'activité professionnelle du foyer (salaires, pensions, etc.).

La seconde condition est cruciale pour les investisseurs à haut revenu. Un entrepreneur ou un cadre supérieur peut percevoir des revenus locatifs substantiels sans perdre le statut LMNP, tant qu'ils restent inférieurs à ses autres revenus professionnels.
 

3.2. Micro-BIC ou régime réel simplifié : Une comparaison détaillée

 

Le statut LMNP offre deux régimes fiscaux principaux : le micro-BIC et le régime réel simplifié.
 

  • Le régime micro-BIC : C'est le plus simple administrativement. Il est accessible si les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 77 700 € (pour une location classique). Ce régime ne permet pas de déduire les charges réelles, mais applique un abattement forfaitaire de 50 % sur les recettes pour le calcul du revenu imposable. Il est avantageux pour les investissements avec peu de charges, mais est généralement peu optimal pour un immeuble de rapport qui supporte d'importants frais d'acquisition, de travaux et de gestion.

  • Le régime réel simplifié : Ce régime est la clé de l'optimisation fiscale pour les investisseurs en immeuble de rapport.

    Il est obligatoire au-delà du plafond du micro-BIC et peut être choisi volontairement en dessous de ce seuil.

    Son principal avantage est de permettre la déduction de l'ensemble des charges réelles de l'activité, incluant les intérêts d'emprunt, les frais de notaire, les assurances, les taxes et les frais de gestion.

Le levier le plus puissant du régime réel est l'amortissement. Il s'agit d'un mécanisme comptable qui constate la perte de valeur d'un bien au fil du temps due à l'usure. La durée d'amortissement varie selon le composant : le gros œuvre sur 50 ans, la toiture sur 25 ans, et le mobilier sur 5 à 10 ans.

L'impact de l'amortissement sur un immeuble de rapport est considérable. Le montant cumulé des charges réelles et de l'amortissement annuel est, dans la majorité des cas, supérieur aux loyers perçus. Cela ramène le bénéfice imposable à zéro, voire crée un déficit reportable sur les revenus locatifs des 10 années suivantes.

L'investisseur perçoit ainsi des loyers mais ne paie ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux sur ces recettes. C'est ce mécanisme qui est au cœur de l'autofinancement et de l'optimisation fiscale.
 

Tableau 3 : Comparaison des régimes fiscaux LMNP

 

Critère Micro-BIC Régime réel simplifié
Plafond de recettes < 77 700 € Non plafonné (obligatoire si > 77 700 €)
Abattement/Charges Abattement forfaitaire de 50 % Déduction des charges réelles
Amortissement du bien Non possible Oui, sur le bâti et le mobilier
Déclaration de déficit Non possible Oui, reportable sur 10 ans
Comptabilité Très simple, pas de bilan Complexe, nécessite une liasse fiscale
Avantage majeur Simplicité administrative

Optimisation fiscale par la déduction des charges et l'amortissement 

 

3.3. Avantages et inconvénients clés du statut LMNP

 

 

3.3.1. Les avantages

 

L'avantage principal est la quasi-fiscalité neutre sur les revenus locatifs.

L'amortissement permet de réduire l'assiette imposable, rendant l'impôt dû nul pendant de nombreuses années, tout en conservant les loyers perçus.

De plus, les loyers d'une location meublée sont en moyenne 10 à 20 % plus élevés que ceux d'une location nue, ce qui augmente le rendement brut dès le départ. Le bail d'un an, renouvelable, offre aussi une grande flexibilité pour s'adapter au marché ou au profil des locataires.

 

3.3.2. Les inconvénients et les nouvelles implications de la loi de finances 2025

 

Le régime réel impose une charge administrative plus lourde et la tenue d'une comptabilité rigoureuse, ce qui nécessite souvent le recours à un expert-comptable.

Toutefois, la principale évolution concerne la fiscalité de la plus-value de revente, modifiée par la Loi de Finances 2025. Jusqu'à présent, l'amortissement comptable ne venait pas en déduction du prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value, créant un "double avantage". La nouvelle législation met fin à cette anomalie en imposant la

réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value imposable.

Le prix d'acquisition sera minoré du montant des amortissements déduits, ce qui augmente mécaniquement la base imposable de la plus-value.

Exemple :

Un bien acquis 150 000 € est revendu 220 000 € après 10 ans, avec 20 000 € d'amortissement déduits.

La plus-value brute est de 70 000 €.

Avec la réintégration des amortissements, la plus-value imposable devient 70 000 € + 20 000 € = 90 000 €
.

Cette modification transforme l'amortissement d'une exonération de plus-value à un report d'imposition. L'impôt économisé chaque année est reporté au moment de la revente, où il sera dû. Cependant, ce mécanisme reste fiscalement très avantageux pour les investisseurs sur le long terme. Les abattements pour durée de détention sur la plus-value, qui s'appliquent après 6 ans, et l'exonération totale de l'impôt après 22 ans et des prélèvements sociaux après 30 ans, permettent de compenser ou d'atténuer fortement cette charge fiscale additionnelle.

L'investissement LMNP est donc, plus que jamais, une stratégie de détention à long terme pour construire un patrimoine solide.

 

Partie 4 : Synthèse et étude de cas pratique : Un immeuble à Concarneau

 

 

4.1. Simulation d'un investissement à Concarneau

 

Pour illustrer les concepts abordés, une étude de cas d'un immeuble de rapport dans la ville de Concarneau est présentée. L'emplacement est choisi pour son marché immobilier local dynamique et sa rentabilité locative attractive, notamment autour de 13 €/m². Les prix moyens de l'immobilier y sont plus abordables que dans les grandes métropoles, tout en ayant connu une forte appréciation ces cinq dernières années (+46,3 %).

Profil de l'investissement :
 

  • Emplacement : Quartier de Kerandon ou de la Ville Close, avec une demande locative stable de la part d'étudiants, de jeunes actifs et de familles.

  • Bien : Un immeuble d'habitation de 200 m², à rénover et diviser en plusieurs lots.

  • Hypothèse d'achat : 600 000 € (incluant les frais d'acquisition et des travaux de rénovation).


Détails de la simulation financière :
 

  • Coût d'acquisition : Le prix total, y compris les frais de notaire et d'agence (environ 8 % dans l'ancien) 
     

  • Revenus locatifs : L'immeuble est divisé en trois logements : un T3 de 80 m², et deux T2 de 60 m² chacun. Basé sur le loyer moyen de 13 €/m² à Concarneau, les loyers mensuels sont : T3: 1 040 €, T2: 780 €, T2: 780 €. Le revenu annuel brut est de .
     

  • Charges annuelles :

    • Taxe foncière (estimée) : 2 000 €

    • Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) : 600 €

    • Frais de gestion : 2 400 € (estimation à 8 % des loyers)

    • Provision pour imprévus (entretien, petites réparations) : 1 200 € (600 € par an pour les trois lots, soit environ 200 € par lot)

    • Provision pour vacance locative : 1 716 € (environ 5,5 % des loyers)

    • Total des charges : 7 916 €
       

  • Financement :

    • Mensualité de prêt amortissable (hors assurance) : environ 3 135 € par mois, soit 37 620 € par an.
       

  • Calcul de la rentabilité et du flux de trésorerie :
     

    • Rentabilité brute :

    • Rentabilité nette de charges :

    • Flux de trésorerie avant impôts : (flux négatif).


      Comment atteindre l'autofinancement?

      En utilisant le régime LMNP réel, la fiscalité peut devenir un puissant levier.

      • Amortissement : On décompose l'actif. Le terrain est estimé à 15 % de la valeur du bien, soit 90 000 € (non amortissable). La construction (510 000 €) est amortie sur 40 ans. 

        L'amortissement annuel est de :

        .
         

      • Calcul du résultat fiscal (LMNP réel) :
         

        • Revenus locatifs : 31 200 €

        • Charges déductibles : 7 916 €

        • Amortissement annuel : 12 750 €

        • Résultat fiscal : (bénéfice fiscal).
           

        • Pourquoi le cash flow est-il négatif ?

          La mensualité du prêt (37 620€) est supérieure au revenu net de charges (23 284€). L'investisseur doit donc faire un effort d'épargne. C'est ici que l'impact du prêt in fine est notable. Avec un prêt in fine, la mensualité serait bien plus faible, rendant le flux de trésorerie positif.

          L'investissement est donc autofinancé, non pas par le flux de trésorerie positif, mais par la création d'une assiette fiscale nulle.

 

4.2. Risques et stratégies de mitigation

 

Malgré les avantages, cette étude de cas met en lumière des risques spécifiques qui doivent être gérés proactivement.
 

  • Risque de vacance et d'impayés :

    La demande locative à Concarneau est forte, mais elle peut être saisonnière ou dépendre du marché local. 
    Le risque est réduit par la diversification sur plusieurs lots.1 La sélection de locataires de qualité et la souscription d'une assurance loyers impayés (GLI) sont des mesures de mitigation efficaces.
     

  • Risque de sous-estimation des travaux :

    L'estimation de 10 % pour les travaux initiaux est un budget, mais elle ne garantit pas la couverture de problèmes structurels. Il est essentiel de commander un audit technique approfondi du bâtiment et de prévoir une marge financière de 10 à 15 % du coût des travaux pour les imprévus.

  • Risque d'illiquidité :

    La revente de l'immeuble entier peut être complexe. La stratégie de sortie doit être envisagée dès le départ en se préparant à une revente par lots individuels. Cela nécessite de s'assurer que les lots sont bien délimités sur le plan technique et fiscal.

 

Conclusion et recommandations finales

 

L'acquisition d'un immeuble de rapport est une stratégie d'investissement d'une grande sophistication, mais qui, menée avec rigueur, peut engendrer une création de valeur et un flux de revenus exceptionnels. Le succès repose sur une préparation minutieuse, allant de la recherche ciblée de l'actif à une maîtrise parfaite des mécanismes financiers et fiscaux.

L'autofinancement, bien que n'étant pas toujours un résultat immédiat en termes de flux de trésorerie, est largement réalisable via l'optimisation fiscale du statut LMNP.

Le statut LMNP, malgré les ajustements prévus par la Loi de Finances 2025, demeure l'outil le plus puissant de l'investisseur. La réintégration des amortissements dans la plus-value de revente renforce la logique de report d'imposition et pénalise les stratégies de revente à court terme. Cela fait de l'investissement LMNP un placement de choix pour la constitution et la transmission de patrimoine sur le long terme.

En définitive, le marché des immeubles de rapport n'est pas un eldorado pour les investisseurs occasionnels. C'est un domaine qui exige une approche d'expert, une tolérance au risque et une vision à long terme.
 

Tableau 4 : Synthèse des avantages et inconvénients

 

Catégorie Avantages Inconvénients
Immeuble de rapport Économies d'échelle, mutualisation des coûts. Résilience en période de crise, diversification des risques locatifs. Création de plus-value par lot. Investissement initial élevé, forte exigence de liquidités. Risque de bâti concentré sur un seul actif. Marché d'acheteurs de niche et illiquide.
Financement Effet de levier puissant sur le capital. Possibilité d'autofinancement. Taux d'endettement maximal limité. Coûts des intérêts d'emprunt.
Régime LMNP Fiscalité neutre grâce à la déduction des charges et de l'amortissement. Loyers plus élevés. Baux flexibles. Complexité administrative du régime réel, nécessité d'un expert-comptable. Impôt sur la plus-value à la revente potentiellement alourdi par la réintégration des amortissements (PLF 2025).

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