HÉLIANTHUS 
SOCIETE D'AVOCAT
 



Les personnes fortunées ont-elles intérêt à s’installer en Italie ?

Les personnes aisées ont-elles intérêt à s’installer en Italie ? On va explorer deux volets : la fiscalité et le système de santé/social, avec une comparaison à la France.


Fiscalité des grandes fortunes en Italie : avantages et limites

  • Avantages

  • Flat tax pour les nouveaux résidents fortunés : Depuis 2017, l’Italie propose un impôt forfaitaire de 200 000 € par an pour les personnes ayant vécu hors d’Italie pendant au moins 9 des 10 dernières années. Ce régime est valable 15 ans et exonère totalement les revenus étrangers (dividendes, loyers, plus-values, héritages).
  • Extension familiale : Les membres de la famille peuvent être inclus pour 25 000 € chacun, ce qui permet à une famille de quatre personnes de ne payer que 275 000 € d’impôts annuels, quel que soit leur revenu mondial.
  • Pas d’impôt sur la fortune : Contrairement à la France, l’Italie ne prélève pas d’impôt sur la fortune (ISF), ce qui est un atout majeur pour les très hauts patrimoines.
  • Stabilité fiscale : Pas d’obligation de déclarer les avoirs détenus à l’étranger, ce qui simplifie la gestion patrimoniale
 
  • Limites
 
  • Inégalité fiscale : Ce régime est réservé aux ultra-riches et crée une fiscalité à deux vitesses. Les Italiens ordinaires restent soumis à une pression fiscale élevée (jusqu’à 47 % dans certaines villes comme Milan).
  • Revenus italiens imposés normalement : Les revenus générés en Italie (immobilier, entreprise, salaires) sont soumis à l’impôt progressif IRPEF (jusqu’à 43 %).
  • Critiques politiques et sociales : Ce régime est parfois perçu comme injuste et pourrait être révisé à l’avenir, même si l’Italie semble déterminée à le maintenir.

  • Couverture médicale et sociale : Italie versus France

Italie

  • Système public universel (SSN) : Le Servizio Sanitario Nazionale couvre tous les résidents, financé par les impôts. Il offre des soins gratuits ou très peu coûteux : médecins généralistes, hôpitaux, médicaments, urgences.
  • Décentralisation régionale : La qualité des soins varie fortement selon les régions. Le nord (Lombardie, Toscane) est bien équipé, tandis que le sud souffre de sous-financement.
  • Délais d’attente : Les soins non urgents peuvent être longs à obtenir dans le public. Beaucoup de résidents fortunés optent pour des assurances privées pour un accès plus rapide.
  • Pas de cotisation sociale directe : Le système est financé par l’impôt, donc pas de charges sociales comme en France.

France

  • Sécurité sociale obligatoire : Le système français repose sur des cotisations sociales (salaires, entreprises) et offre une couverture très large : soins, hospitalisation, maternité, retraite.
  • Qualité homogène : Le système est plus centralisé, avec une qualité de soins relativement uniforme sur le territoire.
  • Remboursement partiel : Les soins sont remboursés à hauteur de 70 % en moyenne, le reste étant couvert par des mutuelles privées.
  • Charges sociales élevées : Les hauts revenus sont soumis à des cotisations importantes, ce qui peut être dissuasif pour les très riches.

Conclusion : intérêt réel pour les riches ?

Oui, l’Italie peut être très attractive pour les grandes fortunes :

  • Fiscalité ultra-avantageuse sur les revenus étrangers
  • Absence d’impôt sur la fortune
  • Qualité de vie élevée (notamment à Milan, Florence, Rome)
  • Système de santé public accessible, avec possibilité de soins privés

Mais attention :

  • Les revenus générés en Italie restent imposés
  • Le système de santé public est inégal selon les régions
  • Le régime fiscal pourrait évoluer sous pression politique
CONCLUSIONS :

La fiscalité des revenus et du patrimoine est attrayante en Italie pour le ultra-riches ayant vécu en dehors de l'Italie pendant une période donnée du fait du plafonnement. Des conventions fiscales peuvent prévoir cependant la taxation de revenus dans les pays d'origine, alors prudence sur l'effet de loupe. L'argent ne fait pas tout, on peut aussi rester sur le territoire pour des raisons plus fortes.

Sources :

 

Catégories pouvant vous intéresser :

Autres publications pouvant vous intéresser :

PICABIA, LA SUCCESSION SOUS LE FEU DE LA PROPRIETE ARTISTIQUE ET DU DROIT D'AUTEUR

Francis Picabia : l’éclair dionysiaque et la longue postérité des droits Le génie vagabond Il y a chez Francis Picabia un génie de la mue, une ivresse de la liberté qui fait chanceler les catégories. L’ami de Duchamp s’av...

 

DELIVRANCE D'UN LEGS : QUAND ET COMMENT, SANCTION DE L'OMISSION

La délivrance des legs : nature, conditions, moment, forme et sanction La délivrance des legs, institution ancienne du droit successoral français, compose l’un des mécanismes les plus subtils du passage de patrimoine entre le de cujus et ceux qu’il...

 

ENVOI EN POSSESSION, QUAND LE DEMANDER ?

L’envoi en possession constitue aujourd’hui une procédure exceptionnelle, strictement encadrée depuis la réforme issue de la loi du 18 novembre 2016 et applicable aux successions ouvertes à compter du 1er novembre 2017. Cette réforme a profond&e...

 

De Marie Richeux "Officier Radio" au raid de Vincent Bolloré sur l'armateur Delmas-Vieljeux

De la télégraphie de l'âme au dépeçage industriel : la trajectoire maritime de Delmas-Vieljeux à travers l'œuvre de Marie Richeux et le raid de Vincent Bolloré   La mémoire industrielle française se construit...

 

DECOTE DES BIENS INDIVIS, DANS QUELLE MESURE ?

    La valorisation des biens en indivision est un sujet complexe où le droit civil (Cour de cassation) et le droit fiscal (Conseil d’État) se rejoignent souvent sur un point : la valeur d'une quote-part indivise est inférieure à la vale...