
Sur le plan constitutionnel, une politique de forte taxation des plus riches portée par LFI ne pourrait pas être adoptée librement. Elle serait soumise au contrôle du Conseil constitutionnel, qui applique plusieurs principes fondamentaux de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, laquelle a valeur constitutionnelle.
L'article 13 de la Déclaration de 1789 prévoit que la contribution commune doit être répartie entre les citoyens « en raison de leurs facultés ». Le Conseil constitutionnel admet donc qu'un contribuable très riche puisse être davantage taxé qu'un contribuable moyen, dès lors que la différence de traitement repose sur une différence objective de situation.
Autrement dit :
C'est probablement le principal obstacle juridique à certaines propositions de LFI.
Le Conseil constitutionnel considère que l'impôt ne doit pas porter une atteinte excessive au droit de propriété, protégé par les articles 2 et 17 de la Déclaration de 1789.
En pratique, il surveille que la somme des prélèvements :
C'est sur ce fondement que certaines dispositions de l'ancien projet de réforme à 75 % sur les très hauts revenus avaient été partiellement censurées en 2012.
Si une loi prévoyait par exemple :
elle pourrait probablement être jugée conforme à la Constitution, sous réserve de son niveau global de prélèvement.
En revanche, si la loi aboutissait à exiger chaque année un montant tel que le contribuable soit obligé de vendre progressivement son patrimoine pour payer l'impôt, le risque de censure augmenterait.
Certains responsables LFI ont récemment défendu l'idée qu'au-delà d'environ 12 millions d'euros transmis par héritage, la fraction excédentaire reviendrait intégralement à la collectivité.
Sur le plan constitutionnel, la question est plus délicate.
Deux analyses s'opposeraient :
Argument favorable :
Argument défavorable :
Personne ne peut affirmer avec certitude comment le Conseil constitutionnel trancherait avant d'avoir le texte précis.
Une autre difficulté constitutionnelle concerne les entrepreneurs.
Supposons qu'un dirigeant détienne :
Un impôt patrimonial très élevé pourrait l'obliger à céder des actions pour acquitter l'impôt.
Le Conseil constitutionnel examinerait alors :
Une forte taxation des patrimoines élevés est compatible avec la Constitution française dans son principe. En revanche, une mesure qui aurait pour effet de confisquer effectivement le patrimoine ou d'imposer un prélèvement jugé excessif pourrait être censurée comme portant une atteinte disproportionnée au droit de propriété. Plus le taux se rapprocherait d'une confiscation de facto ou d'une taxation de 100 % d'une transmission, plus le risque constitutionnel deviendrait important.
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